Les figures qui façonnent l’identité viticole : sélection de domaines incontournables
Domaine Saint-Géry : le chef d’orchestre de la polyculture
S’il ne devait rester qu’un nom emblématique sur ces terrasses, ce serait celui d’Yves Thuriès et du Domaine Saint-Géry, à L’Honor-de-Cos. Ici, la vigne ne vit pas en vase clos. On parle de polyculture : XV hectares de vignes cohabitent avec une sublime truffière, des céréales en rotation, et l’élevage du fameux bœuf de Saint-Géry (source : Le Monde, “Saint-Géry, l’adresse confidentielle du Sud-Ouest”, 2022).
- Pratiques culturales : Zéro désherbant de synthèse depuis 1998, enherbement naturel, travail du sol au cheval sur les plus vieilles vignes.
- Cépages et styles : Merlot, Syrah, Cabernet franc et Negrette côtoient le Chardonnay, pour un blanc salué par les guides chaque année.
- Anecdote : Les raisins servent aussi à l’élaboration de vinaigres balsamiques vieillis en fût du domaine.
Domaine de Montels : la tradition revisitée
Famille Riousset, sept générations, près de 90 hectares répartis sur Albias et Piquecos : le Domaine de Montels incarne ce passage du témoin où les jeunes viennent bousculer les codes. Depuis 2015, c’est Alexandre Riousset qui multiplie les cuvées parcellaires et réintroduit le cépage Colombard en monocépage, longtemps oublié sur ces terres (source : La Dépêche du Midi, 2023).
- Conversion en bio enclenchée sur plusieurs parcelles.
- Microvinifications en amphore : blanc “Lo Camin”, issue d’un assemblage Colombard-Sauvignon, fermente et s’affine sans sulfites ajoutés.
Le domaine s’illustre aussi par sa revalorisation des rouges légers, typiques du secteur, mais plus structurés depuis quelques millésimes. Les vins des Riousset trouvent preneur chez les cavistes toulousains, mais aussi en restauration gastronomique – une montée en gamme assumée.
Château d’Aix : rayonnement régional en bio
À Corbarieu, le Château d’Aix s’affirme comme une locomotive en matière de viticulture biologique sur les Terrasses montalbanaises. Exploité depuis 1939 par la famille Balaran, le domaine (60 hectares, conversion bio dès 2012) est aujourd’hui reconnu pour ses blancs aromatiques et sa cuvée phare “Aix Rosé” (source : Guide Hachette des Vins 2023).
- Vinification : Pressurage direct à froid, travail sur lies, filtration légère pour préserver le fruit.
- Distribution : Les vins sont présents en GMS, mais aussi sur plusieurs marchés bio de la région.
Domaine d’Arton : innovation et cépages oubliés
Paradoxalement, c’est un “outsider” venu du Gers, aux portes du Tarn-et-Garonne, qui bouleverse la perception du secteur : Patrick de Montal, au Domaine d’Arton, a relancé le cépage Saint-Côme, longtemps disparu. Une démarche d’expérimentation, en collaboration avec l’IFV Sud-Ouest, pour adapter le vignoble au réchauffement climatique (source : Vitisphere, “Réintroduction de cépages oubliés en Gascogne”, 2022).
- Parcelles de Baroque et Saint-Côme micro-vinifiées pour des blancs aux profils atypiques : agrumes confits, poivre blanc, finale saline.
- Élevage en foudres de chêne du Massif Central.
Des micro-domaines aux signatures singulières
- Château Boujac à Campsas : domaine familial converti à la biodynamie depuis 2010, ventes principalement en circuit court et AMAP.
- Domaine du Moulin de Labat à Villebrumier : micro-propriété de 8 hectares, haut-lieu du Gamay noir qui s’exprime ici sur des sols profonds de sables et graviers.
- Vignoble de la Fage : parcellaire historique de 3 hectares, mené en permaculture, qui travaille la négrette sur clayettes de séchage, technique rare dans le Sud-Ouest.