Le Gamay, voyageur inclassable : racines, histoire et expansion
Cépage originaire de Bourgogne, le Gamay s’est longtemps illustré sur les collines granitiques du Beaujolais. Porté majoritairement par l’appellation Beaujolais et ses dix crus, il s’est pourtant aventuré, au fil des siècles, bien au-delà de ses terres natales. C’est à l’époque moderne — particulièrement depuis les années 1980 — qu’il trouve, en Tarn-et-Garonne, une nouvelle terre d’accueil, discrète mais propice à sa plasticité aromatique.
Longtemps, le Gamay fut limité par l’édit de Philippe le Hardi (1395), bannissant sa culture des vignobles de Bourgogne au profit du Pinot Noir, pour des raisons tant gustatives que politiques. Repoussé vers le sud et l’ouest, il s’implante peu à peu au fil d’expérimentations, jusqu’à rejoindre les Vins de Pays du Tarn-et-Garonne, où quelques vignerons audacieux visent sa valorisation hors de ses sentiers battus. Les premières parcelles apparaissent dans les années 1970, avec une progression mesurée : en 2024, on dénombre environ 45 hectares de Gamay sur le département, principalement sur les coteaux argilo-calcaires autour de Montauban, Lauzerte et Moissac (source : Chambre d’Agriculture 82).