Le combat, les errements et la renaissance
Face au désespoir, les solutions de fortune affluent, souvent vouées à l’échec, parfois dangereuses. L’urgence pousse à l’expérimentation.
Les essais de lutte… et leurs échecs
- Inondations contrôlées : Utilisées dans les terrains proches du Tarn et de la Garonne, cette méthode vise à asphyxier le parasite. Seuls 10 % des vignobles, situés en zones basses, peuvent en bénéficier.
- Sulfure de carbone : Une arme chimique onéreuse, d’efficacité partielle, réservée aux domaines les plus aisés.
- Plantations américaines : Au désespoir, certains vignerons plantent directement des cépages américains (Noah, Clinton, etc.). Si la résistance est au rendez-vous, la qualité organoleptique fait défaut : vins âcres et peu typés, délaissés sur les marchés.
La solution du greffage : un tournant technique et humain
En Tarn-et-Garonne comme ailleurs, le salut vient du greffage sur porte-greffes américains. Cette révolution technique se diffuse à partir de 1887, non sans résistances. Greffer ses vignes, c’est accepter la fin d’une autonomie séculaire, apprendre un geste nouveau, et accepter le coût d’une restructuration totale du vignoble.
- Entre 1887 et 1920, la quasi-totalité de la surface replantée l’est sur porte-greffes américains : Riparia, Rupestris, Berlandieri.
- Le greffage exige la formation d’ouvriers spécialisés : c’est la naissance d’un nouveau métier dans la campagne tarn-et-garonnaise.
L’adoption généralisée du greffage métamorphose le vignoble. En trente ans, c’est une “seconde naissance” de la viticulture locale. C’est également l’occasion de repenser l’encépagement : les cépages jugés fragiles sont écartés, les plus adaptés au sol et à la demande du marché sont sélectionnés avec soin.