Appellations, restructurations et recentrages
Évolutions réglementaires et abandons de cépages
La création des Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) dans les années 1930 puis des Indications Géographiques Protégées (IGP) bouleverse une nouvelle fois la donne. Nombre de domaines ne répondent pas aux cahiers des charges stricts et se voient exclus des circuits rémunérateurs. Certains cépages locaux – le prunelard, le fer servadou, le jurançon noir – tombent en disgrâce, accusés de moindre productivité ou de ne pas répondre aux critères de goût dominants.
Par ailleurs, lors des grands plans de restructuration des années 1970-80, des primes arrachage sont proposées par l’État et l’Europe afin de rééquilibrer le marché du vin. Nombre d’exploitants, épuisés moralement ou financièrement, y recourent : ainsi, en Tarn-et-Garonne, plus de 2 100 hectares de vignes sont arrachés en dix ans, soit plus du tiers du vignoble restant.
La concentration des exploitations et la professionnalisation
Ce contexte de crise aboutit à un autre phénomène : la concentration foncière. Là où chaque colline abritait autrefois plusieurs petites exploitations, on observe une réduction drastique du nombre de domaines indépendants au profit de plus grandes unités, souvent sous statut coopératif. La cave de Saint-Sardos, fondée en 1956, illustre cette tendance à l’intégration collective.
Aujourd’hui, la part des vignerons indépendants demeure marginale : la majorité des volumes produits transitent par quelques grandes structures, laissant de côté quantité de savoir-faire familiaux et de terroirs voués à l’oubli.