Aux origines : un territoire viticole méconnu et une France des AOC en plein essor
Dans la France d’après-guerre, la notion d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) règne sans partage sur la viticulture hexagonale. Pourtant, le Tarn-et-Garonne demeure à la marge de ce vaste mouvement : ses vins s’écoulent surtout en vrac, utilisés pour la distillation ou destinés à l’assemblage. Dans les années 1950 et 1960, la région produit surtout des raisins pour des vins de table indistincts, parfois anonymes, malgré une histoire millénaire dans la vigne. Le département ne dispose pas alors d’une forte notoriété viticole propre, éclipsé par ses voisins du Sud-Ouest mis à l’honneur par les AOC comme Cahors ou Gaillac (source : INAO).
À cette époque, la volonté de donner un visage et une reconnaissance aux productions locales se heurte à la rigidité du système d’AOC, jugé trop exigeant, notamment du fait de ses critères de cépages, de rendements et de méthodes de culture. Les vignerons du Tarn-et-Garonne, tenant à leur liberté et à leur identité, se trouvent exclus du cercle restreint des appellations, alors même que nombre d’entre eux produisent des vins de caractère, alliant tradition et adaptation.