Produits phytosanitaires autorisés : prévention et interventions en bio
La gestion des maladies reste le nerf de la guerre dans le vignoble : mildiou, oïdium, black rot ou botrytis font régulièrement monter la pression dans les vignes du Tarn-et-Garonne. En bio, l’approche reste préventive, même si quelques « armes » sont tolérées.
Le cuivre : un classique sous surveillance
Le sulfate de cuivre, le fameux “bouillie bordelaise”, est le fongicide le plus emblématique du bio. Il reste aujourd’hui autorisé, mais son dosage est strictement encadré :
- Limite annuelle : 4 kg/ha/an en moyenne sur 7 ans (Source : INAO / Règlement 2018/848)
- Interdiction de dépasser 6 kg/ha sur une seule année
Le cuivre agit contre le mildiou, la maladie la plus redoutée dans le Sud-Ouest. Cependant, son accumulation possible dans les sols soulève des inquiétudes environnementales et pousse les vignerons à l’utiliser avec parcimonie, souvent en association avec d’autres solutions.
Le soufre : allié contre l’oïdium
Recommandé depuis le XIXe siècle, le soufre est toujours un incontournable contre l’oïdium. Il se présente sous forme mouillable ou sous forme de poudrage, utilisé principalement :
- Au stade précoce de la végétation
- En conditions chaudes et humides
En viticulture biologique, il n’existe pas de limite officielle sur le nombre d’applications, mais la quantité totale appliquée et la technique doivent garantir la sécurité de l’utilisateur et éviter la phytotoxicité.
Pépites du bio : huiles essentielles, extraits de plantes, argiles...
Registre plus récent, la “biocontrol” s’impose peu à peu dans les vignobles du Tarn-et-Garonne. En bio, certains produits naturels ou indirectement issus de plantes sont admis :
- Purin d’ortie, de prêle, de fougère, de consoude
- Extraits d’algues brunes
- Huiles essentielles (orange douce, sarriette, etc.)
- Bicarbonate de potassium
- Argile kaolinite
Ces solutions sont parfois homologuées en tant que « substances de base » : elles n’ont pas d’effet direct sur les organismes nuisibles, mais renforcent les défenses naturelles de la vigne (source : Ministère de l’Agriculture).
Absents du débat : pesticides et fongicides de synthèse
À l’inverse, tous les produits de synthèse — désherbants, insecticides, fongicides chimiques conventionnels (ex : triazoles, strobilurines) — sont strictement interdits en bio. L’absence de glyphosate ou de traitements systémiques industriels explique bien la différence entre bio et conventionnel.