Ce qui change dans la conduite de la vigne : obligations et interdits
Travailler en bio, c’est repenser totalement l’approche du vignoble. En Tarn-et-Garonne, la diversité des sols – boulbènes argileuses, graves, calcaires tertiaires – impose des stratégies fines pour respecter le règlement tout en préservant la qualité des récoltes.
Traitements : le délicat équilibre cuivre-soufre
Le cœur de l’arsenal phytosanitaire autorisé en bio reste le fameux duo sulfate de cuivre (bouillie bordelaise) et soufre, pour lutter contre mildiou et oïdium. Mais leur usage est strictement encadré :
- Cuivre : plafond de 4 kg/ha/an (calculé en moyenne sur 7 ans, norme UE depuis 2019)
- Soufre : pas de limite stricte, mais proscription des mélanges contenant d’autres molécules interdites
Dans un département où l’humidité printanière est fréquente, ce dosage peut vite devenir un casse-tête. L’été 2018 par exemple, au sortir de 50 jours avec pluie sur le printemps, il a fallu choisir : protéger ou risquer de tout perdre ?
À ce jour, aucune alternative homologuée aussi efficace n’existe pour les grandes épidémies de mildiou : en 2018, plusieurs domaines pionniers du bio en Tarn-et-Garonne ont perdu jusqu’à 80 % de leur récolte (source : Chambre d’agriculture Tarn-et-Garonne).
Gestion des sols : le grand retour du travail manuel
Le recours aux herbicides étant proscrit, l’entretien du sol dans les vignobles bio passe par :
- Le désherbage mécanique (labour, décavaillonnage, interceps)
- L’enherbement entre les rangs (choix d’espèces semées, gestion de la concurrence racinaire)
- L’apport régulier de matière organique pour nourrir le sol et accroître la vie microbienne
Cette transformation du travail se traduit par une hausse du temps de main d’œuvre (jusqu’à +30 % selon l’ITAB) et des charges logistiques supérieures (entretien du matériel, achats de semences, stockage de composts).